L'argent, la dette, le don
Sommaire
La critique de l'argent
Sa pensée a pour fil rouge la critique de l'emprise de l'argent : la création monétaire ex nihilo, l'usure, la dette publique comme instrument d'asservissement, l'inversion des valeurs humaines autour de cette valeur symbolique.
Un arbre ne vend pas ses fruits. En 2012, ruiné par sa saison sur le tournage, il est arraché à Saint-Montan par un puissant coup de cœur : devant une croix de son village, ce cœur rayonnant dans une couronne d'épines. Il part dans l'heure, abandonnant presque tout, pour les Saintes-Maries-de-la-Mer, son premier pèlerinage (voir Pèlerinages). En partant, ce dimanche matin, il lance au petit marché du village : « J'abandonne le peuple de la marchandise1 » ; la phrase inquiète et fait jaser. En arrivant, il remet sa carte bancaire à la statue de sainte Sara. Il pratique l'anargyre, un mot presque oublié qu'il n'apprendra que bien plus tard, et s'y obstine, refusant l'argent qu'on lui tend : il y reste quarante jours sans utiliser du tout d'argent et sans réserve de nourriture, à la manière des saints anargyres (« sans argent »), qui soignaient sans se faire payer. Au début, il fouille les poubelles pour se nourrir. Au milieu des commerces des Saintes-Maries, en colère contre les marchands du temple, il se sent alors comme Diogène, exilé au cœur de la cité, cherchant un homme sa lanterne à la main2 : un alter ego qui ne soit pas soumis au totalitarisme marchand. « On est seul aussi chez les hommes », dit le serpent au Petit Prince3. Il donne des croquis et des galets qu'il sculpte, sans rien demander, en espérant qu'on lui offre à manger. Sur les galets, un chrisme dans une fleur de lys, entre un alpha et un oméga minuscules, comme sur sa médaille de baptême : le poisson, figure du Christ, et l'eau, symbole de l'Esprit. Le tout signifie « le Seigneur est Roi », et les gitanes des Saintes-Maries en reconnaissent le sens. Quand on insiste — la réponse est systématique : « mais il faut de l'argent pour vivre » —, il finit par répondre : « Un arbre ne vend pas ses fruits. » Les gens comprennent aussitôt ; certains lui font ses courses ou l'invitent à leur table ; un autre, Diourka Medveczky, lui paie un demi-plein de gazole pour qu'il puisse rejoindre sa fille : il n'utilise pas d'argent, mais d'autres le font pour lui. La lumière de sa lanterne, c'est celle de la charité. Assez vite, grâce à elle et aux rencontres, il prend confiance : nous ne sommes pas plus bêtes qu'un chien ou qu'un chat livré à lui-même, et il est possible de vivre dignement sans utiliser d'argent. « Il faut de l'argent pour vivre » n'est qu'une croyance : l'expérience et l'exemple la démentent. Ce mot « anargyre », il le découvrira dans un fascicule qu'un pèlerin lui donne : Saint-Côme-d'Olt, village du chemin de Compostelle, porte le nom de Côme, qui soignait avec son frère Damien sans se faire payer ; ces deux saints sont les patrons des médecins et des chirurgiens4.
La puissance de l'exemple : si ce premier pèlerinage lui enseigne une chose, c'est celle-là. Il pratique une sorte de rituel : en marchant, mais surtout avant de s'installer pour dessiner ou graver, sur la place de l'église ou ailleurs dans le village, il nettoie le sol, ramassant jusqu'aux mégots et aux chewing-gums collés. En réaction, il entend les passants répéter un mot, « respect », mieux que ne l'aurait fait un long discours. Un rituel de purification, un peu comme le marchand qui balaie le pas de sa porte pour mieux accueillir ses clients. Il le fera aussi sur le chemin de Compostelle, et le fait encore pour se clarifier l'esprit ; mais aux Saintes, c'est autre chose : toute cette période anargyre, il la vit avec une intensité qu'il ne connaît pas le reste du temps, comme une question de vie ou de mort, tant spirituelle que charnelle. Cette intensité prolonge le coup de cœur de Saint-Montan, devant le Sacré-Cœur du Christ : le plus puissant qu'il ait jamais ressenti, puissant et profond.
Sur Wikipédia, en mai 2016, il conteste la définition de la monnaie selon laquelle, sans monnaie, les échanges ne pourraient être que du troc. Il y voit la marque d'un totalitarisme marchand, qui ne laisse de place qu'au commerce5 :
« Ce qu'il faut pour vivre, c'est satisfaire ses besoins essentiels comme respirer, boire, manger, dormir, se laver et se blanchir, se soigner et aimer. Pour satisfaire tous ces besoins l'argent n'est pas un intermédiaire obligatoire. »
« L'arbre fruitier est au service de l'animal qui s'en nourrit, et l'animal est ensuite au service de l'arbre en disséminant sa semence avec en plus de l'engrais. […] C'est un échange de bons procédés. »
« Je vous donne un croquis (sans rien attendre en retour) et comme il vous plaît et que vous acceptez ce don vous avez envie de partager avec moi votre repas. […] Heureusement qu'il existe une autre sphère que les échanges commerciaux. »
« Un totalitarisme marchand cherche à tout monnayer. »
Sa modification de l'article, qui restreint la phrase aux « échanges commerciaux et relations professionnelles », y figure toujours6. Aujourd'hui, il le résume ainsi : les échanges de la nature sont anargyres ; chez l'humain, ce qui s'en rapproche le plus, c'est le donativo.
Le boa et le billet
Relu avec le recul, Le Petit Prince lui apparaît comme une critique de l'emprise de l'argent, une lecture que d'autres partagent7. Les grandes personnes ne voient une maison qu'à son prix : il faut leur dire « J'ai vu une maison de cent mille francs » pour qu'elles s'écrient « Comme c'est joli ! » (chap. IV). Le businessman ne peut pas cueillir les étoiles qu'il possède, mais il peut « les placer en banque » (XIII). Le renard le constate : les hommes « achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis » (XXI). Et au marchand de pilules qui fait épargner « cinquante-trois minutes par semaine », le petit prince répond en lui-même : « si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… » (XXIII).
Le livre s'ouvre sur un serpent8 : le dessin numéro 1, un boa qui digère un éléphant, où les grandes personnes ne voient qu'un chapeau (I). Cyril y lit le serpent (qui dans la Genèse vend le fruit) avalant la sagesse, dont l'éléphant, animal de la mémoire, est l'image, sous le regard d'adultes qui n'y voient qu'un objet de convenance. Il se ferme sur un autre serpent, celui qui « rend à la terre » (XVII) : le petit prince tombe alors « doucement comme tombe un arbre » (XXVI). Entre les deux, la caisse faite de ce bois, celui des hommes « tombés pour la Liberté », où dort le mouton invisible (II), qu'il lit aussi comme l'urne où l'on met en boîte les électeurs, moutons de Panurge.
Ironie de l'histoire : de 1993 au passage à l'euro, la Banque de France a imprimé ce même boa avalant l'éléphant sur le billet de 50 francs Saint-Exupéry9. Les grandes personnes ont mis le dessin numéro 1 sur de l'argent, sans voir ce qu'il disait. Cyril, lui, a reporté sur un billet, par un montage, la caisse au mouton dessinée par Saint-Exupéry, pour sa « Banque citoyenne de France », projet publié en 2016 sur son blog, sous l'exergue du Petit Prince : « Quand le mystère est trop impressionnant on n'ose pas désobéir »10.
Le donativo
Donativo signifie « don » en espagnol. Sur le chemin de Compostelle, on appelle ainsi les gîtes de pèlerins qui ne fixent aucun prix : le pèlerin est accueilli et laisse ce qu'il veut ou ce qu'il peut, parfois rien. Ces lieux vivent de ce que les pèlerins de passage laissent pour ceux qui viendront après.
Pour Cyril, c'est un don pur : rien n'est exigé en retour, mais ce qui est offert peut être reçu. « Un véritable don n'attend rien en retour et n'empêche pas non plus de recevoir (cela demande plus d'humilité). » Ce n'est ni du prix libre, qui reste une transaction chiffrée, ni une contribution aux frais. Le don lui-même ne se négocie pas.
Cyril ne l'a pas seulement rencontré, il l'a vécu. Parti du Puy-en-Velay le 6 septembre 2019, il n'a plus de carte bancaire en état de marche dès Decazeville, une quinzaine de jours après son départ : son compte est clos à -100 €. Il poursuit pourtant jusqu'à Nazaré, à travers le premier confinement, le plus souvent en bivouac, le gîte, et surtout sa douche, restant un luxe, en vivant du donativo, en donnant et en recevant sans rien exiger.
Le donativo n'est pas resté sur le chemin, mais il n'est pas devenu une règle pour autant. Cyril expérimente : il essaie d'incorporer les enseignements de ses pèlerinages à ses activités présentes, sans rien d'absolu ni de figé. Son activité professionnelle est encore en chantier, comme son atelier : il n'a pas encore de statut déclaré et, en attendant, il pratique le donativo. Il prévoit ensuite deux cadres. Les commandes de ses clients (un mariage, un reportage) seront des prestations, facturées dans le cadre d'une micro-entreprise. Son travail d'auteur (portraits, expositions, tirages d'art, droits sur ses images) relèvera du statut d'artiste-auteur. Ce qu'il entreprend de lui-même, comme son reportage de deux ans sur La Charbonnière, il l'aborde dans l'esprit du don.
Le nœud : la dette, le don et la négociation
C'est ici que se noue sa philosophie. Le don crée une dette : quand on « donne », l'autre devient débiteur. C'est l'origine de bien des conflits humains. On cherche à les résoudre par la négociation, et quand la négociation échoue, que la relation n'est plus satisfaisante, ils tournent au conflit ouvert.
Cyril en trouve le sens dans le Notre Père, dans la version fidèle au texte grec de l'Évangile, qui parle de dettes : « Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs » (Matthieu 6, 12)11. Il l'a priée notamment sur le chemin de Compostelle, chez les Prémontrés de l'abbaye de Conques. La prière s'appuie sur la réciprocité : on ne demande à être libéré de ses dettes qu'en libérant les autres des leurs. La remise des dettes coupe la chaîne qui va du don à la dette, de la dette à la négociation, de la négociation au conflit. Le donativo en est la forme pratique : un don qui ne fait de personne un débiteur12.
Cyril ne prétend pas avoir résolu cette tension. Le donativo est pour lui une école : il apprend encore à négocier, à s'ouvrir à la négociation sans perdre l'esprit du don, et reconnaît que c'est une difficulté, pour lui comme pour beaucoup.
Du micro au macro. Selon lui, le même nœud se joue à l'échelle des sociétés : la dette créée ex nihilo13 et chargée d'intérêts ne peut jamais être entièrement remboursée ; elle devient servitude, et nourrit crises et guerres. C'est pourquoi les grandes traditions religieuses ont d'abord interdit l'usure, négation même de la réciprocité : au lieu de remettre la dette, elle la fait croître. L'usure pratiquée à grande échelle a pour conséquence le sacrifice de la nature, y compris humaine, afin d'honorer ces intérêts qui financent la croissance et à défaut, la guerre.
- Torah : « Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d'intérêts » (Exode 22, 24).
- Évangile : « Prêtez sans rien espérer en retour » (Luc 6, 35). L'Église a longtemps interdit le prêt à intérêt, jusqu'à l'encyclique Vix pervenit (1745).
- Coran : « Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt » (sourate 2, verset 275) ; et, pour le débiteur dans la gêne : « il est mieux pour vous de faire remise de la dette par charité » (2, 280, traduction Hamidullah). L'interdit reste en vigueur dans la finance islamique.
- Avant eux, Aristote tenait l'intérêt pour contraire à la nature, l'argent étant fait pour l'échange et non pour engendrer de l'argent. Cyril le dit à sa manière : l'usure, « c'est comme demander à une règle de produire des centimètres ».
Il n'est pas seul à le penser. En 2014, un collectif d'économistes, de syndicalistes et d'associations, réuni pour un audit citoyen de la dette publique, estimait que 59 % de la dette française provenait de baisses d'impôts accordées aux plus aisés et de taux d'intérêt excessifs14 ; l'audit officiel qu'il réclame n'a jamais eu lieu. La question revient avec la campagne présidentielle : fin août 2026, Jean-Luc Mélenchon propose de « mettre au frigo » la dette détenue par la banque centrale, en la transformant en dette perpétuelle sans intérêts15 ; une promesse de campagne qui n'a pas, à ce jour, donné lieu à une démarche parlementaire, pas plus que l'audit. Et l'historien Henri Guillemin rappelait que la Banque de France, fondée en 1800 à l'initiative de Bonaparte par des banquiers privés, resta une société privée jusqu'à sa nationalisation en 1945 : un nom, selon lui, choisi pour tromper16. Pour Cyril, l'enjeu est là : celui qui crée la monnaie, et perçoit le droit de seigneuriage autrefois réservé au souverain17, détient le pouvoir de financer tel ou tel projet, jusqu'aux choix de société. D'où sa question : une démocratie peut-elle s'accommoder d'une monnaie privatisée, prêtée avec intérêts18 ?
Sa position est nette : il combat l'usure, que la Torah, l'Évangile et le Coran ont tous condamnée. Ce n'est ni une religion ni un peuple, c'est une pratique qui n'a pas de visage.
Notes
« Peuple de la marchandise » : c'est ainsi que Davi Kopenawa, chamane yanomami du Brésil, désigne les Blancs. Cyril a lu la formule dans un article de Libération consacré à Raymond Depardon. Elle est développée dans Davi Kopenawa et Bruce Albert, La Chute du ciel. Paroles d'un chaman yanomami (Plon, coll. Terre Humaine, 2010). ↩︎
Diogène de Sinope (IVe siècle av. J.-C.), le philosophe cynique, vivait à Athènes sur la place publique, dans une jarre, de ce qu'on lui donnait, et se disait « citoyen du monde ». Diogène Laërce rapporte qu'il allumait une lanterne en plein jour en disant : « Je cherche un homme » (Vies et doctrines des philosophes illustres, VI, 41). ↩︎
Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, chap. XVII. ↩︎
Voir Saints Côme et Damien sur Nominis, site de l'Église catholique en France. Autour du Puy-en-Velay, une tradition voisine : les béates, femmes non mariées qui, sans être religieuses, enseignaient, soignaient et apprenaient la dentelle aux filles des villages, du XVIIe siècle jusqu'aux lois Jules Ferry de 1881 (Archives de la Haute-Loire). ↩︎
Wikipédia, discussion archivée de l'article Monnaie (mai 2016). ↩︎
Wikipédia, article Monnaie. ↩︎
Par exemple « Le Petit Prince expliqué aux adultes », université Paris-Nanterre. La lecture du boa comme le serpent avalant la sagesse est celle de Cyril. ↩︎
En hébreu, les mots partagent un sens profond à travers leur racine trilitère (trois lettres). La racine N-H-Sh (נ-ח-ש) donne naissance à plusieurs concepts liés :
- Le verbe Naḥash : Signifie « pratiquer la divination », « observer les augures » ou « interpréter les signes ».
- Le murmure : La sonorité du mot évoque le sifflement du serpent (un chuchotement), symbolisant la voix de la tentation discrète, celle qui s'insinue dans l'esprit plutôt que d'attaquer de front.
Le serpent est donc intrinsèquement lié à une forme de connaissance cachée, mystérieuse et potentiellement illusoire.
Sur le lien entre divination et serpent, et le serpent de la Genèse « titulaire d'une connaissance et d'un savoir interdit à l'homme » : Emma Abate, « Chameaux, oiseaux, scorpions et autres démons : la tradition juive entre magie et halakhah », dans Jean-Charles Coulon et Korshi Dosoo (dir.), Magikon zōon. Animal et magie dans l'Antiquité et au Moyen Âge, IRHT, 2022, p. 469-494. Sur le sifflement : James Strong, Exhaustive Concordance of the Bible (1890), H5172 : « properly, to hiss, i.e. whisper a (magic) spell » (Blue Letter Bible) ; d'autres lexicographes rattachent plutôt la divination à laḥash, « murmurer ». ↩︎
Billet dessiné par Roger Pfund, mis en circulation le 20 octobre 1993 ; le boa figure en haut à gauche du recto, près d'un avion Latécoère (Citéco, Cité de l'économie). ↩︎
« Banque Citoyenne de France BCF », demascarade, 1er mai 2016. ↩︎
Traduction liturgique (AELF), comme toutes les citations bibliques de cette page ; la Bible de Jérusalem, Chouraqui et Darby traduisent aussi par « dettes ». ↩︎
L'anthropologue Marcel Mauss avait décrit le même mécanisme dans l'Essai sur le don (1925) : le don oblige à rendre, et le cycle peut nourrir l'alliance comme la rivalité. ↩︎
La création monétaire par le crédit est décrite par les banques centrales elles-mêmes : « chaque fois qu'une banque accorde un prêt, elle crée simultanément un dépôt équivalent sur le compte de l'emprunteur, créant ainsi de la monnaie nouvelle » (Banque d'Angleterre, « Money creation in the modern economy », 2014, notre traduction). Depuis le traité de Maastricht (art. 104, aujourd'hui art. 123 TFUE), la banque centrale ne peut plus financer directement l'État, qui emprunte avec intérêts sur les marchés ; cette interdiction est souvent attribuée, à tort, à la loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, dont l'article 25 reprenait une disposition de 1936 (Contrepoints, 11 juillet 2014) ; Michel Rocard la reprenait encore sur Europe 1 en décembre 2012. Par l'assouplissement quantitatif (quantitative easing), l'Eurosystème rachète depuis 2015 des titres de dette publique avec de la monnaie qu'il crée (programme d'achats d'actifs, BCE) : fin 2023, la Banque de France détenait ainsi 609 milliards d'euros de titres de la dette française, près de 20 % de celle-ci (franceinfo, d'après son rapport annuel 2023). L'économiste Maurice Allais, prix Nobel, jugeait cette création ex nihilo « identique […] à la création de monnaie par des faux-monnayeurs » (La Crise mondiale d'aujourd'hui, 1999, p. 110 ; Wikiquote). L'idée qu'une telle dette ne peut être entièrement remboursée reste une thèse discutée. ↩︎
Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France, mai 2014. ↩︎
Voir le débat qu'elle suscite : « Mettre la dette au frigo : une bonne idée si… », Telos ; « Annuler la dette détenue par la BCE : mécanismes, ordres de grandeur ». ↩︎
Henri Guillemin, Napoléon et la création de la Banque de France (conférence). ↩︎
Le seigneuriage est le revenu tiré de l'émission de la monnaie, écart entre sa valeur et son coût de fabrication. ↩︎
Dans la zone euro, la monnaie des comptes bancaires représente « plus de 90 % de la monnaie en circulation » ; elle est « créée par les banques commerciales, lorsque des agents économiques empruntent pour financer leurs activités (on dit que “les crédits font les dépôts”) », création « limitée par la politique monétaire et la réglementation bancaire » (Banque de France, « Comment est créée la monnaie ? »). Au Royaume-Uni, les dépôts bancaires représentent 97 % de la monnaie en circulation (Banque d'Angleterre, 2014, article cité plus haut). La question a été posée aux citoyens suisses : l'initiative populaire « Monnaie pleine », qui voulait réserver à la Banque nationale suisse toute création de monnaie, y compris celle des comptes bancaires, a été rejetée le 10 juin 2018 par 75,7 % des votants, avec une participation d'environ 34 % (Chancellerie fédérale ; RTS). ↩︎